Commémoration du 11 novembre : un soldat de ma famille

        Bonjour à tous ! Pour ces commémorations du 11 novembre, j’ai envie de participer aux témoignages de parcours d’un soldat, d’un aïeul, en vous présentant un de mes ancêtres que je trouve attachant mais pour lequel j’ai peu d’informations. Aujourd’hui est le jour parfait pour faire revivre la mémoire de ces soldats disparus et pour échanger des idées et des astuces pour retrouver des informations. 

Carte postale c.1914-1918

Carte postale c.1914-1918

Le parcours d’Eugène Marie Joseph Bernard, mon ancêtre, n’est pas incroyable et je n’ai pas trouvé de sources extraordinaires, mais je voudrais le présenter en tant qu’un soldat mort au front, comme la majorité de ses frères d’armes. 

Ma source principale sur Eugène Marie Joseph est sa fiche matricule. On y découvre tout d’abord ses date  et lieu de naissance, et surtout ses caractéristiques physiques, toujours réjouissantes pour nous qui n’avons pas toujours de photographie. 

Fiche matricule d'Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône

Fiche matricule d’Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (1)

Eugène avait les cheveux châtains, les yeux « roux » (peut-être marron clair ) ; sur son visage ovale se  dessinaient un nez « moyen », une grosse bouche et un menton à fossette. Il faisait 1m61, ce qui n’est pas grand pour un homme. Son degré d’instruction (1.2.3) indique qu’il savait lire, écrire et compter. 

Il était né le 23 juillet 1881 à Lyon et s’était marié dans cette même ville en 1907. Eugène Marie Joseph a d’ailleurs déjà fait l’objet d’un autre article sur les mariages consanguins : je vous laisse le découvrir ici, si cela vous intrigue (hop).

Fiche matricule d'Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (2)

Fiche matricule d’Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (2)

Appartenant à la classe de 1901, Eugène a été ajourné en 1902 et en 1903 pour « faiblesse ». Cette faiblesse de « constitution » est peut-être évoquée à cause de sa petite taille. Le service militaire actif était passé de cinq an à trois ans par la loi dite Freycinet du 15 juillet 1889. Aussi, en 1904 il fut reclassé dans les services auxiliaires pour la même raison. Finalement en octobre 1905, il passe dans la réserve des services auxiliaires (pour les 25e et 26e régiments). On peut remarquer que la même année une loi du 21 mars, dite loi Berteaux, rend le service militaire obligatoire pour tous les hommes et le fait passer de trois à deux ans. 

Fiche matricule d'Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (3)

Fiche matricule d’Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (3)

On voit dans le document ci-dessus que les années des passages dans l’armée territoriale, dans la réserve de celle-ci puis la fin de son service militaires étaient prévus à l’avance. Cependant, les ratures indiquent que sa vie ne s’est pas déroulé selon ces prévisions. 

Fiche matricule d'Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (4)

Fiche matricule d’Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône (4)

En effet, en 1914 il est mobilisé  et incorporé dans le 23e régiment d’infanterie à partir du 28 novembre 1914. Il arrive au corps le 1er décembre en tant que soldat de 2e classe. Le 1er avril 1915 il change de régiment d’infanterie. Quelques mois plus tard,le 15 mai 1915, il est tué à l’ennemi à Carency, dans le Nord-Pas-de-Calais, dans le cadres de campagnes contre l’Allemagne sur le Front Ouest qui avait commencé le 1er décembre 1914 selon la fiche matricule. On parle aussi pour cette campagne de mai à juin 1915 de bataille de l’Artois. 

Voici un photo d’une tranchée allemande prise en 1915 à Carency, peut-être à l’issue de la campagne, fournie par Gallica : 

Tranchée boche prise dans l'assaut de Carency [Pas-de-Calais], 1915

Tranchée boche prise dans l’assaut de Carency [Pas-de-Calais], 1915, Gallica

Cette ville a d’ailleurs été presque complètement détruite cette même année. 

Ruines de Carency [Pas-de-Calais] [soldat inspectant les décombres], 1915, Gallica

Ruines de Carency [Pas-de-Calais] [soldat inspectant les décombres], 1915, Gallica

Je ne connais pas encore son lieu de sépulture. J’ai bon espoir d’en savoir plus grâce au mémorial virtuel qui doit être inauguré aujourd’hui. 

Si vous avez des conseils à nous donner pour continuer les recherches et trouver plus d’information sur  Eugène, n’hésitez pas à les mettre en commentaire ! Partagez aussi vos recherches et vos découvertes, nous les lirons avec plaisir !

 

Quelques références et liens utiles : 

Les archives départementales, pour moi les archives du rhône : http://archives.rhone.fr/?id=personne_genealogie

Le redressement militaire français par le musée du génie d’Angers : http://www.musee-du-genie-angers.fr/doc-fiche-29.pdf?PHPSESSID=a6e8ff07118e8295631ce3db5dfc85ea

Un article du Monde sur le grand mémorial virtuel des poilus : http://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/11/10/memorial-virtuel-pour-des-millions-de-poilus_4521134_3448834.html

J.-P. Bertrand, Nouvelle histoire militaire de la France, Fayard, 1998

G. Pedroncini (dir.), Histoire militaire de la France, T. III : 1871 – 1940, PUF, 1992

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Les enfants morts peu après leur naissance : faut-il les intégrer dans l’arbre ?

       Bonjour ! Aujourd’hui je voudrais revenir sur un aspect de la reconstruction familiale qui n’est pas très joyeux mais qui est important : l’enregistrement des enfants morts-nés ou de ceux morts dans leur petite enfance. En effet, je voudrais revenir sur l’intérêt de les noter et de les prendre en compte dans votre généalogie.
Pour commencer, il est utile de revenir sur leur histoire pour comprendre cet aspect de l’histoire de la famille.

Duc et duchesse de Brunswick [la duchesse porte dans ses bras son fils nourrisson], Agence Rol. Agence photographique, 1914, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST EI-13 (354), Gallica

Duc et duchesse de Brunswick [la duchesse porte dans ses bras son fils nourrisson], Agence Rol. Agence photographique, 1914, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST EI-13 (354), Gallica

La mort d’un nourrisson est une grande inquiétude pour les parents pendant longtemps, car les soins des nouveaux-nés ont longtemps été rudimentaires. 

Il est difficile de donner des statistiques sur la mortalité des enfants durant l’Ancien Régime en raison du sous-enregistrement des enfants morts-nés (environ 15-20% dans le Nord et presque 50 % dans le Sud). Il faut cependant souligner que l’effort est au meilleur enregistrement de ces enfants, surtout à Paris au XIXe siècle (1), en raison de la lutte contre les avortements. Les historiens démographes ont néanmoins déterminé que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, 50 % des enfants n’atteignent pas leur 10 ans. Les causes de la mort peuvent être la prématurité, les infections, malformations, lésions suite à l’accouchement et la malnutrition. 

L’inquiétude de la mort était d’autant plus grande pour les chrétiens, notamment lors de l’Ancien Régime : un enfant qui n’a pas été baptisé ne peut accéder au paradis. C’est pourquoi, lors des accouchements difficiles ou dans les cas où il semblait que l’enfant était en grand danger, les sages-femmes étaient autorisées à faire un ondoiement : mettre un peu d’eau sur la tête de l’enfant et réciter une prière. Cet ondoiement ne remplace pas le baptême, qui peut être administré par la suite si l’enfant va mieux.

Le bain du nouveau-né (TR), 1554, Alsace, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, NIM32842, Gallica

Le bain du nouveau-né (TR), 1554, Alsace, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, NIM32842, Gallica

Si l’enfant mourrait sans avoir pu été ondoyé, il restait tout de même une solution. Les sanctuaires à répit sont un lieu de dévotion demandant à la Vierge Marie de « ressusciter » l’enfant le temps de lui administrer le baptême. Un mouvement du nourrisson suffisait à rassurer du retour à la vie de l’enfant et l’administration de l’ondoiement permettait d’assurer  qu’il puisse accéder au Paradis. Voici un exemple dans le Pas de Calais proposé sur le site des archives départementales : par ici.

Notre-Dame-des-Fleurs de Villembray Oise, Atelier Roussel 1878 (wikipédia)

Sanctuaire à répit sur un vitrail, Notre-Dame-des-Fleurs de Villembray Oise, Atelier Roussel 1878 (wikipédia)

L’intérêt de les inscrire dans l’arbre généalogique est multiple : tout d’abord, il est utile de rappeler que la fréquence des morts des nourrissons, au même titre que les fausses couches ou la mort de prématurés ne rend pas pour autant les parents insensibles. En effet, cela devait être douloureux dans leur vie ; ils avaient certainement d’autres façons de surmonter ces épreuves, une autre vision du monde, qu’on ne peut peut-être pas restituer complètement, mais il me semble important de rappeler cet aspect psychologique si on veut comprendre la vie des individus.

Ensuite, – et cet aspect est lié au précédent – la naissance des enfants a une temporalité et s’inscrit dans une certaine histoire de la fratrie. Quand un enfant est mort en bas-âge et qu’un autre naît par la suite, il est fréquent de voir qu’on lui donne le même prénom ; l’enfant est donc dit « refait ». L’exemple qui reste de cela est par exemple le prénom « Re-né ». Cela n’est pas une règle ; dans ma famille, je n’ai pas trouvé de tel cas.

Inhumation de Marie Bernard, le 3 février 1777 à Saint-Laurent de Mûre, Archives départementales du rhône

Inhumation de Marie Bernard, âgée de 5 jours, le 3 février 1777 à Saint-Laurent de Mûre, Archives départementales du rhône

Un couple dans ma famille a connu la mort de presque tous leurs enfants: Benoit Bernard et Marguerite Robert ont eu neuf enfants (du moins neuf enregistrés) entre 1732 et 1747. L’aînée, Marie, née 1732, est décédée à 3 jours ; Claude, né en 1732 aussi est décédé à 1 an ; Anne, née en 1744, est décédée à 3 ans ; Helaine Marie, née en 1744, est décédée en 1747; enfin, Vincent, né en 1747 est décédé à 8 mois. 

Avez-vous des familles où vous avez remarqué des « enfants refaits » ? ou des familles où presque tous les enfants sont décédés en bas âge ? Dites le nous en commentaire  !

Vous pouvez aussi voter pour le prochain article, qui sera à partir de maintenant tous les quinze jours ! 

 

Pour en savoir plus :

S. Beauvalet-Boutouyrie, La population française à l’époque moderne, Démographie et comportements, Belin, 2008

Jacques Gélis, Les enfants des limbes. Mort-nés et parents dans l’Europe Chrétienne, 2006 : un compte-rendu sur http://clio-cr.clionautes.org.

Jacques Gélis, De la mort à la vie. Les « sanctuaires à répit », Ethnologie française, nouvelle serie, T. 11, No. 3, Cultes officiels et pratiques populaires (juillet-septembre 1981), pp. 211-224, en ligne sur jstor : http://www.jstor.org/stable/40988659.

(1) V. Gourdon, C. Rollet, « Les mort-nés à Paris au XIXe siècle : enjeux sociaux, juridiques et médicaux d’une catégorie statistique », Population, n°64, 4, 2009,  p.687 – 722 sur cairn.

 

Mariages consanguins : un fait rarissime ?

Bonjour à tous ! Je reviens avec plaisir aujourd’hui pour vous présenter aborder un phénomène en histoire de la famille qui est assez difficile à observer en réalité : les mariages entre cousins dans une famille. 

L’observation des mariages se fait sur plusieurs générations et sur différentes branches pour déterminer si le choix de conjoints apparentés est une tradition familiale. 

Dans ma famille, je connais un mariage entre cousins homonymes : celui Eugène Marie Joseph avec Gabrielle Bernard en 1907. Voici pour présenter Eugène Marie Joseph la description physique inscrite sur sa fiche matricule : vous remarquerez la description originale des ses yeux, qualifiés de « roux ». 

Fiche matricule d'Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône

Fiche matricule d’Eugène Marie Joseph Bernard, Archives départementales du Rhône

En réalité, les historiens ont montré jusqu’à présent une extrême rareté des mariages consanguins dans l’Ancien Régime. Les gens étaient conscients de leurs degrés de parenté ou ces derniers leur étaient rappelés par le prêtres. Ces degrés de parenté sont importants car ils constituent une interdiction de mariage : l’Eglise prohibait le mariage jusqu’au  7e degré de consanguinité depuis le concile de Latran IV en 1215 (4e degré de computation germanique ou canonique). Au XIXe et XXe siècles, il est tout à fait possible de se marier avec un cousin/une cousine dans l’Etat civil. Mais existe-t-il alors plus de mariages entre cousins après la Révolution ? 

Acte de mariage entre Eugène Marie Joseph Bernard et Gabrielle Bernard le 26 novembre 1907, archives municipales de Lyon

Acte de mariage entre Eugène Marie Joseph Bernard et Gabrielle Bernard le 26 novembre 1907, archives municipales de Lyon

Après avoir bien cherché, j’ai trouvé un autre mariage entre apparentés, cette fois-ci non homonyme : le mariage entre Jérôme Bernard et Rosalie Dulaquais en 1860. Ils avaient les mêmes grands-parents : Rosalie est la fille de Marie Bernard mariée à Joseph Dulaquais ; Jérôme est le fils de Jean Bernard. Or Marie et Jean sont frère et soeur. Il s’agit donc de cousins germains. Je n’ai pas les archives des registres de catholicité en ligne, donc il est difficile de savoir s’ils ont dû avoir une dispense. 

Vous remarquerez dans l’acte de mariage ci-dessous que il n’est mentionné aucune opposition au mariage et que le maire fait partie de la famille Dulaquais ! 

Acte de mariage entre Jérôme Bernard et Rosalie Dulaquais le 10 juillet 1860, archives départementales du Rhône

Acte de mariage entre Jérôme Bernard et Rosalie Dulaquais le 10 juillet 1860, archives départementales du Rhône

Acte de mariage entre Jérôme Bernard et Rosalie Dulaquais le 10 juillet 1860, archives départementales du Rhône

Acte de mariage entre Jérôme Bernard et Rosalie Dulaquais le 10 juillet 1860, archives départementales du Rhône

Quels sont les facteurs de ces mariages ? Cela est difficile à dire ; mais je remarque une troublante coïncidence des lieux d’habitation des parties, ce qui peut paraître évident, mais qui ne constitue pourtant pas un facteur déterminant à lui seul, puisqu’aucun mariage n’est consanguin dans ma famille dans les siècles précédant.

Pour Jerôme et Rosalie, ils habitaient tous les deux dans le village de Saint-Laurent-de-Mûre. Plus intéressant encore : Eugène Marie Joseph habitait à Lyon, dans la même rue que Gabrielle, et même au numéro d’à côté. 

Un autre facteur peut être la cohérence du milieu social des parties. En plus d’un mariage entre personnes connues, apparentés, on a un mariage entre personnes d’un même milieu, dont les intérêts économiques peuvent converger. 

Enfin, autre facteur, lié aux deux autres, doit être pris en compte : les sentiments entre deux personnes qui ont peut-être grandi ensemble. Cela est peut-être le cas pour Jérôme et Rosalie, qui avaient cinq ans de différence. 

En conclusion, je constate qu’après la Révolution, dans ma famille, les mariages entre cousins sont plus nombreux, tout en restant marginaux. Mais cela ne permet pas d’ériger des conclusions sur l’histoire de la famille à l’époque contemporaine en général. Je vous propose donc, si vous connaissez des mariages consanguins dans votre famille, de nous les présenter en commentaire pour que nous puissions ouvrir une discussion sur le sujet ! 

N’hésitez pas aussi à voter pour l’article à venir dans deux semaines !  L’article de la semaine prochaine sera consacré comme à chaque fin de mois à une revue des magazines à paraître pour septembre 🙂

Pour lire sur le sujet : 

A. Bideau, G. Brunet, E. Heyer, H. Plauchu, « La consanguinité, révélateur de la structure de la population. L’exemple de la vallée de la Valserine du XVIIIe siècle à nos jours », Population (French Edition), 49e Année, No. 1 (Jan. – Feb., 1994), pp. 145-160, Article Stable URL:http://www.jstor.org/stable/1533839.

Stéphane Minvielle, La famille en France à l’époque moderne, XVIe-XVIIIe, Armand Colin, 2010.

Un homme, des signatures

     Bonjour à tous ! Aujourd’hui, comme vous l’avez voté, je présente un article de généalogie ; j’ai choisi un des mes ancêtres, Joseph Bernard, né en 1660 et mort en 1725.  Pour le présenter, je choisis un angle un peu particulier : ses signatures. Au fil de sa vie, on reconnaît très bien son écriture. Les signatures sont une marque de l’individu, mais aussi le signe d’une certaine vie sociale et d’une certaine façon de se présenter. 

Un parrainage de Joseph Bernard le 14 novembre 1678, archives départementales du Rhône (en ligne)

Un parrainage de Joseph Bernard le 14 novembre 1678, archives départementales du Rhône (en ligne)

Joseph Bernard est un laboureur dans un petit village à environ 30 km de Lyon : Saint-Laurent-de-Mure. Peu de gens signent à cette époque dans les registres paroissiaux. Les historiens ont utilisé les signatures comme indicateur pour connaître l’alphabétisation des populations. 

Joseph Bernard est sollicité comme parrain durant sa jeunesse par beaucoup de monde, comme les exemples.  Il est très présent dans les années 1680-1700. Le premier baptême connu où il parraine est en 1678, âgé de 18 ans (ci-dessus), alors que son père est décédé 3 ans plus tôt. 

Il parraine le plus souvent des enfants qui n’appartiennent pas à sa famille. Cette présence fréquente au fil des années laisse penser que son statut social était assez élevé dans la société du village. Les laboureurs sont en effet des notables ruraux. Leur position dans l’économie rurale est importante : ils possèdent une exploitation de grand taille ainsi que des attelages. Ils emploient des journaliers et autres exploitants agricoles. 

Un parrainage de Joseph Bernard le 22 février 1679, archives départementales du Rhône (en ligne)

Un parrainage de Joseph Bernard le 22 février 1679, archives départementales du Rhône (en ligne)

 

En 1693, Joseph Bernard signe « Joseph Bernard père » ; statut qui peut faire penser qu’il veut se différencier d’un autre Joseph plus jeune, mais comme il est le seul Joseph de sa famille, il semble ici que ce soit plus pour montrer qu’il est le chef de famille et qu’il signe en tant que père cette fois-ci. 

Baptême d'un enfant de Joseph Bernard, le 21 février 1693, Archves départementales du Rhône (en ligne)

Baptême d’un enfant de Joseph Bernard, le 21 février 1693, Archves départementales du Rhône (en ligne)

Ses signatures deviennent plus rare à partir de 1700. Il n’a même pas signé pour son mariage en 1683 ni pour son remariage en 1696 : bizarrement dans cette paroisse, seuls les témoins et les parrains sont invités à signer. Dans d’autres localités, tous les acteurs peuvent signer. Quelques mois plus tôt, pour un parrainage, Joseph a signé.

Second mariage de Joseph Bernard, avec Marguerite Rivière, le 6 juin 1696, Archives départementales du Rhône (en ligne)

Second mariage de Joseph Bernard, avec Marguerite Rivière, le 6 juin 1696, Archives départementales du Rhône (en ligne)

Un parrainage de Joseph Bernard le 29 mars 1696, archives départementales du Rhône (en ligne)

Un parrainage de Joseph Bernard le 29 mars 1696, archives départementales du Rhône (en ligne)

Finalement, la dernière signature trouvée date de 1718, lorsqu’il est témoin au mariage de son fils Jean. Comparée aux deux premières signatures, on voit que son écriture a changé. Les R notamment sont faits différemment. Les lettres n’ont pas les mêmes tailles : l’écriture serait-elle un peu plus tremblante ? en 1718, Joseph avait 58 ans.

Pour ceux qui ont suivi nos recherches sur twitter pour comprendre ce que signifiait « Morjan », vous voyez ici que Jean Bernard reprend ce nom, ce qui tend à confirmer mon hypothèse que c’est un surnom, qui peut être transmis de père en fils. 

Présence de Joseph Bernard au mariage de son fils Jean, le 17 juin 1718, Archves départementales du Rhône (en ligne)

Présence de Joseph Bernard au mariage de son fils Jean, le 17 juin 1718, Archves départementales du Rhône (en ligne)

Avez-vous suivi aussi un(e) aïeul(e) à travers ses signatures ?  N’hésitez pas à mettre le lien de ce portrait original en commentaire, nous viendrons lire avec plaisir !

 Pour en lire plus sur le sujet, je recommande un livre d’Histoire en particulier : F.-J. Ruggiu, L’individu et la famille dans les sociétés urbaines anglaise et française au XVIIIe siècle, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2007. 

Voici aussi quelques articles : 

F. Furet, W. Sachs, « La croissance de l’alphabétisation en France: XVIIIe-XIXe siècles », Annales. Histoire, Sciences Sociales, No. 3 (May – Jun., 1974), pp. 714-737 URL:http://www.jstor.org/stable/27579322

Y. Longuet, « L’alphabétisation à Falaise de 1670 à 1789 », Annales de Normandie, 28e année n°3, 1978. pp. 207-228. Url :/web/revues/home/prescript/article/annor_0003-4134_1978_num_28_3_5283

J.-M. Moriceau, « Le laboureur et ses enfants. Formation professionnelle et mobilité sociale en Île-de-France (seconde moitié du XVIe siècle) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, T. 40e, No. 3, Apprentissages (XVIe-XXe siècles) (Jul. – Sep., 1993), pp. 387-414.  URL: http://www.jstor.org/stable/20529902.

L’Histoire en revues – août 2014

    Bonjour à tous ! Pour ce nouveau mois de l’été, voici des revues qui sont sorties en août ou que je n’aurais pas présenté dans la revue du mois de juillet; comme beaucoup de revues sont sorties pour juillet et août, il y a certaines revues que j’ai présentées que je ne reprendrais pas ici. 

La revue française de Généalogie n°213 août-septembre 2014

Au sommaire :

Le dossier : Des albums de photos à identifier. Dossier très intéressant car identifier les personnes sur les photos que nous avons s’avère très délicat et parfois très difficile. Comment exploiter ses photos pour sa généalogie ? Comment lire et interpréter ce document (historique) ? 

Parmi les autres articles : 

  • Lacunes étranges et récurrentes de l’état civil entre 1691 et 1736.
  • Famicity, le nouveau réseau social de la famille.
  • Chercher un ancêtre en Allemagne : les associations à contacter. 

Les Cahiers Science et vie n°107 août 2014

Au sommaire : 

Dossier : L’origine des mythes, pourquoi l’humanité partage les mêmes histoires. 

Parmi les articles : 

  • L’espèce fabulatrice : une singularité humaine
  • Des scénarios communs à toute l’humanité ? Hypothèse que deux familles de mythes seraient partagés par les êtres humains depuis au moins 40 000 ans. 
  • Cyclope : un oeil voyageur, un personnage qui remonterait au Paléolithique. 
  • Les nouveaux mondes de légendes : apparition de nouveaux mythes aujourd’hui, diffusés par les nouvelles technologies. 

A feuilleter ici. Voici aussi le site internet des cahiers science et vie : http://cahiers.science-et-vie.com

Arkéo Junior n°220 juillet/août 2014

Au sommaire : 

Numéro spécial préhistoire ; parmi tous les articles, le dossier présente notamment la grotte de Lascaux II, reproduction fidèle de Lascaux, en Dordogne, ainsi qu’une autre grotte importante où sont dessinés des mammouths : la grotte de Rouffignac. Il revient aussi bien sûr sur la grotte de Chauvet qui vient d’être inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Un article explique aussi quel était le rôle du chien auprès des hommes de la préhistoire, alors qu’il était déjà domestiqué. 

Parmi les autres articles : 

  • une fiche sur le Paléolithique supérieur

L’Histoire – Les collections n°64 août 2014

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Au sommaire

Dossier sur les bagnes : à l’occasion de l’ouverture en Guyane, à Saint-Laurent-Du-Maroni, un musée du bagne et d’un autre musée en Nouvelle-Calédonie en 2015, la revue revient sur l’histoire de ces déportations jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale. 

Parmi les articles : 

  • Vivre et survivre au Maroni : à partir de 1852, ce territoire est celui qui reçoit le plus de bagnards jusqu’au milieu du XXe siècle. 
  • Les 12 000 galériens du Roi-Soleil : les galères comme ancêtre du bagne. 
  • Portraits de femmes : portraits de quelques 900 femmes « volontaires » en Guyane entre 1858 et 1907. 

Revue à feuilleter ici.

Atlas des mondes n°402 août 2014 

Au sommaire : Dossier sur les mondes de l’Asie. Il es très complet avec une approche historique et géographique. Il est organisé en 5 parties : 1) le continent introuvable, 2) deux foyers de civilisations, 3) l’intrusion des europées, 4) destins divergents (au XXe siècle) et 5) une nouvelle aire de puissance. 

A feuilleter ici.

Avez-vous lu certaines de ces revues ? En avez-vous d’autres à conseiller ? 

Les canuts dans mon arbre : qui étaient-ils ?

         Les canuts sont les ouvriers et les ouvrières de la soie à Lyon ; ils sont surtout célèbres pour les deux révoltes de 1831 et 1834. Mes recherches récentes sur ma généalogique m’ont amenée à découvrir que certains de mes ancêtres ont été canuts ; occasion qui m’a donnée envie de revenir brièvement sur leur histoire.

Visite de Mgr le duc d'Aumale à la Croix-Rousse dans l'atelier de M. Carquillat. Tableau tissé par Carquillat en 1844.

Visite de Mgr le duc d’Aumale à la Croix-Rousse dans l’atelier de M. Carquillat. Tableau tissé par Carquillat en 1844.

1) Comment ai-je découvert que mes ancêtres étaient des canuts ?

Tout d’abord, leur présence à Lyon au début du XIXe siècle, combinée à leurs métiers mentionnés dans les actes d’état civil, notamment de mariage ; ces derniers appartenaient au monde ouvrier du textile.

Il n’était pas marqué « canut » dans les registres d’acte d’état civil. Il était plutôt noté : tisseur(se), fabricant(e) d’étoffe, tulliste et surtout, dévideur(se). C’est ce dernier métier qui a mis la puce à l’oreille car le métier de dévideur est de dévider le fil, c’est-à-dire de dérouler le fil avant de le placer sur des bobines.

Voici un exemple à partir d’un extrait d’un acte de mariage : 

« M. Eugène M.L. Bernard, âgé de 26 ans, né à Lyon, premier arrondissement le 23 jullet 1881, tulliste, demeurant en cet arrondissement rue Pierre Blanc, 3, célibataire, fils majeur de M. Mamert Jacques Bernard, et de Mme Madeleine Bouvard, son épouse, tisseurs, demeurant ensemble sur dite rue Pierre Blanc, 4, tous les 2 présents et consentants. »

Ensuite, c’est la localisation précise de leur lieu de vie qui m’a menée sur la voie. Mes ancêtres habitaient dans le 1er arrondissement de Lyon. De plus, les actes de mariages au XIXe siècle à Lyon donnent la rue et le numéro des maisons où habitent les parties. Ma famille habitait rue de l’Alma, rue de Vauzelles et rue Pierre Blanc, en plein quartier de la Croix-Rousse. Les quartiers canuts se trouvaient en effet sur la colline de la Croix-Rousse et dans les vieux quartiers à l’Ouest de la Saône. 

2) Qui étaient les canuts ?

Le terme de canut a une étymologie incertaine, mais il est sensiblement péjoratif ; après leur première révolte de 1831, l’opinion publique ne les voyait pas d’un bon oeil. 

Ils étaient donc des ouvriers qui tissaient la soie à partit de métier à tisser, comme le métier Jacquard depuis le début du XIXe siècle (voir ci-dessous). Ce métier marche avec un chapelet de cartons perforés. Il permet de tisser par une seule personne des étoffes décorées. 

Les métiers nécessitent de grandes salles car ils mesurent plusieurs mètres de hauteur. En conséquence, on construit des bâtiments après avoir utilisé les anciens couvents de la Croix-Rousse. Les ouvriers sont logés dans des immeubles appelés clos. 

 

Intérieur de l'atelier d'un canut vers 1877, Jules Férat— Le Monde illustré

Intérieur de l’atelier d’un canut vers 1877, Jules Férat— Le Monde illustré

 

Métier Jacquard

Métier Jacquard

-Quelles sont les fameuses révoltes de 1831 et 1834 ? 

Les révoltes des canuts sont liées à la situation politique et économique de la France.

Dans ce milieu ouvrier, une culture politique est née et a été portée par l’Echo de la Fabrique, premier journal ouvrier français. Les ouvriers exigent des réformes sociales pour limiter les abus des patrons et promouvoir un partage équitable des richesses.  En 1831, l’insurrection est provoquée par le refus des patrons de la soie de négocier.  Après avoir pris la ville de Lyon pendant plusieurs jours, les troupes royales reprennent en main la situation. Le gouvernement de Juillet est résolument conservateur à partir de 1832. Les ouvriers de la soie se rapprochent alors des milieux politiques républicains. La deuxième insurrection de 1834 demande l’abrogation de la nouvelle baisse des prix – en conséquence la baisse des salaires. En avril, au moment du début des procès des grèvistes, une nouvelle grève est décidée ; les tensions sont à leur paroxysme avec la police et finalement la situation dégénère en révolte ; c’est le début de la « sanglante semaine ». La répression par les troupes royales fut violente. Le 14 avril, on compte 600 morts parmi les civils et les insurgés et 130 soldats. 

L'Echo de la Fabrique, 1845/09/01, Lyon, Gallica: http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32760372s

L’Echo de la Fabrique, 1845/09/01, Lyon, Gallica: http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32760372s

Mes ancêtres n’ont peut-être pas participé directement à ces révoltes car la première date certaine de leur présence à Lyon est 1846. Néanmoins, les canuts ont existé jusqu’à la fin du XXe siècle et certains traits de leur vie quotidienne et de leur culture politique ont perduré.

Extrait d’un reportage sur les derniers canuts de Lyon en 1978 (INA) sur youtube

 

Que lire sur le sujet ? Quelques idées :

Historia n°805 – janvier 2014 : Les dessous de la deuxième révolte des Canuts, p. 60-64.

Pour les jeunes lecteurs : Claudine de Lyon, roman de Marie-Christine Helgerson, éd. Flammarion, Paris, 1998. Roman destiné aux 10-12 ans, qui raconte l’histoire de Claudine, jeune fille d’une famille pauvre d’ouvriers, qui a des dons pour la mode et qui va réussir à réaliser ses rêves. 

Sylvie Aprile, 1815-1870, La révolution inachevée, coll. Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Jean-Louis Biget et Henry Rousso, Belin, 2010.

Fernand Rude, Les Révoltes des Canuts (1831-1834), éd. La Découverte, Paris, 1982.

Ludovic Frobert, Les Canuts ou la démocratie turbulente. Lyon, 1831-1834, Tallandier, 2009.

Sur internet : 

L’Echo de la Fabrique en intégralité sur le site de l’ens : http://echo-fabrique.ens-lyon.fr

Musée de l’Histoire de Lyon : http://www.gadagne.musees.lyon.fr/index.php/histoire_fr/

La maison des Canuts  : http://www.maisondescanuts.fr

Et vous, que conseillerez vous sur le sujet ? Avez-vous des ancêtres canuts ? Connaissez-vous d’autres moyens de connaître les métiers des ancêtres ? 

H comme Homonymie : le parrain et son filleul

Aujourd’hui, dans le cadre du #ChallengeAZ j’ai choisi de parler de l’homonymie, en particulier celle entre un parrain ou une marraine et son/sa filleule. 

Si vous manipulez des actes de baptêmes, de l’époque moderne ou du XIXe siècle, vous remarquerez que l’enfant baptisé porte, la plupart du temps, le prénom ou les prénoms du parent spirituel de même sexe. 

Par exemple, dans ma généalogie, Florie Bernard reçoit à sa naissance le 2 février 1702 pour parrain Jean Gajet et pour marraine Florie Picard.

Acte de baptême de Florie Bernard, 2/02/1702, Archives départementales du Rhône

Acte de baptême de Florie Bernard, 2/02/1702, Archives départementales du Rhône

La plupart du temps, les parents spirituels sont un couple : un parrain et une marraine. Leur rôle qui leur incombe à l’époque moderne, lorsque les actes de baptêmes sont équivalents à l’acte de naissance contemporain, est de dire au prêtre, au moment du baptême, la prénomination choisie pour l’enfant. 

Le lien de parenté spirituelle est en quelque sorte signifié par cette transmission de la prénomination. 

Cette homonymie n’est cependant pas une règle fixe. Il existe des modulations, surtout à partir du dernier quart du XVIIIe siècle : choix des prénoms des deux parents spirituels, d’un prénom des parents biologiques, voire pas de transmission du tout… 

Avez-vous remarqué la même chose dans votre généalogie ? Dites-nous tout !! 

 

Pour aller plus loin, quelques lectures spécialisées (liste non exhaustive!) :

A. Fine, Parrains, Marraines : la parenté spirituelle en Europe, Paris, Fayard, 1994.

A. Fine, « Transmission des prénoms et et parenté en pays de Sault,1740-1790 », dans J. Dupâquier, A. Bideau, M.-E. Ducreux (dir.), Le Prénom : mode et histoire, EHESS, Paris, 1984.

C. Kaplisch-Zuber, « Le nom « refait ». La transmission des prénoms à Florence (XIV-XVIe) », L’Homme, 20, 4, 1980, p.77-104.

J.-C. Sangoi, « Transmission des prénoms et reproduction sociale en Bas-Quercy, XVIIe-XIXe siècles », Annales de démographie historique, 1987, p.271.

J.-P. Lethuillier, « Les prénoms masculins à Rennes pendant la révolution (1785-1805), Annales historiques de la Révolution française, 322, 2000, p.87-110 . (en ligne : http://ahrf.revues.org/32, dossier sur les prénoms révolutionnaires des Annales historiques de la Révolution française)

Six romans historiques pour tous les goûts !

Je vous propose aujourd’hui six livres historiques ou ayant trait à l’histoire qui m’ont plu et que l’on peut conseiller pour différents cas de figure, selon que vous aimez déjà les romans historiques ou non. 

Ce classement est artificiel, vous pouvez lire ce que vous voulez, si ces romans vous tentent. Moi-même j’ai été curieuse de voir ce qui se faisait pour les enfants (et j’ai beaucoup aimé !) 

Pour commencer, vous ne connaissez pas trop les romans historiques et vous aimeriez en trouver un agréable pour vous familiariser avec l’Histoire :

Si vous aimez les enquêtes policières, je recommanderais celles de Nicolas le Floch : Jean-François Parot, L’Enigme des Blancs-Manteaux (la première enquête d’une longue série), 2001, 377 p.

Jean-François Parot, L'Enigme des Blancs-Manteaux, 10 X 18, 2001

Jean-François Parot, L’Enigme des Blancs-Manteaux, 10 X 18, 2001

Nicolas le Floch est un commissaire parisien de la seconde moitié du XVIIIe siècle, originaire de Bretagne, au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Un cadavre trouvé rue des Blancs-Manteaux mène à une enquête au coeur de la capitale. Les enquêtes de Nicolas le Floch sont vraiment entraînantes, on rentre vite dans l’histoire et l’atmosphère de ce vieux Paris. L’arrière-plan historique est très documenté, avec des notes en fin de chapitre pour en savoir plus ; il est très agréable de découvrir des anciens mots français et de nombreuses recettes de cuisine de cette époque, décrite avec beaucoup de soin et beaucoup de gourmandise.

Vous pouvez aussi lire : Ken Follett, Les Pilliers de la Terre, Le Livre de Poche, 1992, 1056 p. (!) 

 

Ken Follett, Les Piliers de la Terre, Livre de Poche, 1992 - amazon.com

Ken Follett, Les Piliers de la Terre, Livre de Poche, 1992 – amazon.com

 

Ce roman est devenu un classique; il a été apprécié par de très nombreux lecteurs, presque tous ceux que j’ai rencontrés et même à la librairie, des lecteurs m’ont spontanément encouragée à le lire, alors que j’étais un peu réticente devant le nombre de pages. Ce roman est l’histoire de plusieurs personnages dans l’Angleterre du XIIe siècle que l’on suit jusqu’à la construction de la cathédrale de Kingsbridge. Les détails sur le monde anglais du XIIe siècle sont remarquables car ils sont nombreux et certainement le résultat d’une longue documentation. Il reste que c’est un bon roman pour ceux qui n’ont pas particulièrement d’affinité avec l’Histoire médiévale.

 

Si vous aimez l’Histoire et vous voulez des livres passionnants avec beaucoup de détails pour revivre l’Histoire :

Les romans de Ken Follett comme celui que je viens de présenter peuvent absolument vous plaire !!

Je conseille vivement : Victor Hugo, Quatre-vingt treize, 1874, environ 470 p. :

 

Victor Hugo, Quatre-vingt treize, 1874

Victor Hugo, Quatre-vingt treize, 1874

Dernière oeuvre de l’exil de Victor Hugo, ce roman a pour contexte la Révolution. Trois personnages, un aristocrate, un noble et un homme du peuple, s’affrontent pour leur idéaux. Au XIXe siècle, parler de la Révolution française, et encore plus de 1793, n’a rien d’anodin : c’est déjà interpréter l’Histoire pour comprendre quel est l’héritage de la République. L’écriture est puissante et entraînante ; les détails sont particulièrement précis et documentés.

Si vous êtes féru de généalogie et/ou d’histoire de la famille depuis des années et dépouiller les archives ne vous fait plus peur, je recommande chaudement : Dan Wadell, Code 1879, 280 p.

Dan Waddell, Code 1879 : les enquêtes du généalogistes, Actes Sud, 2012 - amazon.com

Dan Waddell, Code 1879 : les enquêtes du généalogistes, Actes Sud, 2012 – amazon.com

Cette enquête nous mène dans les archives londonienne. Après la découverte d’un cadavre dans un cimetière dans l’ouest de Londres, l’autopsie révèle une étrange inscription : 1879. Un généalogiste professionnel, Nigel Barnes, est sollicité pour résoudre l’énigme. En tant qu’historienne de la famille, ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre est de découvrir les archives londoniennes par le biais d’une enquête policière et par l’imagination. Ce roman parle à tous ceux qui se sont plongés dans les archives, notamment celles paroissiales, et qui connaissent les difficultés à trouver des actes ; mais c’est aussi une excellente enquête, ce qui en fait à mon avis un roman à mettre entre toutes les mains.

Pour les jeunes lecteurs, tout dépend de l’âge et de l’aisance à la lecture.

Si vous avez moins de 10 ans et que vous lisez vos premiers livres, je propose : Geronimo Stilton, Le Voyage dans le Temps : Napoléon ; Les Vikings ; La Crête antique ; Le roi Salomon, Albin Michel Jeunesse, 2014, 384 p.

Geronimo est ses amis sont amenés à voyager dans le temps pour retrouver un anneau mythique, celui du roi Salomon, afin de rétablir l’équilibre écologique sur l’île des Souris ; oui mais, par erreur, ils vont aussi arriver à l’époque de Napoléon, des Vikings et de la Crète antique. J’ai été très agréablement surprise par les nombreuses informations sur les périodes historiques et surtout par tous les jeux et activités que ce livre propose.

Geronimo Stilton : Le Voyage dans le Temps : Napoléon ; Les Vikings ; La Crête antique ; Le roi Salomon

Geronimo Stilton : Le Voyage dans le Temps : Napoléon ; Les Vikings ; La Crête antique ; Le roi Salomon, Albin Michel Jeunesse, 2014 – amazon.com

 

Si vous avez entre 10 et 15 ans et vous n’êtes pas contre un roman historique ou que vous devez choisir un livre historique pour faire une fiche de lecture, j’ai deux livres pour vous :

Annie Pietri, Les orangers de Versailles, 2000, 220 p.

Annie Pietri, Les orangers de Versailles, 2000 - amazon.com

Annie Pietri, Les orangers de Versailles, 2000 – amazon.com

Ce roman est l’histoire d’une jeune fille modeste, Marion, fille de jardinier qui entre au service de la marquise de Montespan, favorite de Louis XIV. Elle a un don qui est rare : elle a un « nez » et sait composer des parfums. L’originalité de ce roman est qu’il nous fait revivre Versailles à travers les odeurs qu’il pouvait y avoir au XVIIe siècle : parfums, orangers, mais aussi odeur du sang et soupçon de crime ; Marion mène l’enquête pour le roi et pour le bien de la reine. 

Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885 

Bel-Ami, dessin de Ferdinand Bac, gravure de G. Lemoine, Ollendorf, Paris, 1885

Bel-Ami, dessin de Ferdinand Bac, gravure de G. Lemoine, Ollendorf, Paris, 1885

Ce roman est l’histoire de ascension sociale d’un homme ambitieux, Georges Duroy, dans le Paris de la IIIe Republique. Malgré son ignorance, il se fait une place dans le monde des affaires grâce au journalisme et surtout grâce à ses nombreuses maîtresses. L’histoire de cet aventurier cynique (mais drôle aussi parfois) est aussi le récit qui se veut réaliste du monde de la finance qui est lié aux journaux, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de presse. Ecrit en 1885, le feuilleton a pour contexte le lendemain du krach de l’Union Général en 1882, qui avait soulevé des scandales. Guy de Maupassant a voulu faire un récit réaliste de la société parisienne qu’il a côtoyée. Le roman a fait l’objet de nombreux film comme celui de juin 2012 avec Uma Thurman et Robert Pattinson. 

Remarque : le texte gratuit se trouve facilement sur internet en format epub. 

Je suis loin d’avoir lu tous les livres historiques ; si vous en avez lus que vous avez aimés ou au contraire que vous ne conseillerez pas, dites le nous dans les commentaires ! Vous pouvez aussi nous donner votre avis sur les livres que j’ai proposés dans cet article 🙂