Une trouvaille aux Archives !

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous propose une petite trouvaille que j’ai croisée par hasard aux Archives départementales des Ardennes,  à Charleville-Mézières.

Voici… l’acte de baptême d’Arthur Rimbaud !

Acte de baptême de Jean Nicolas Arthur Rimbaud le 20 novembre 1854 à Charleville-Mézières

Acte de baptême de Jean Nicolas Arthur Rimbaud le 20 novembre 1854 à Charleville-Mézières, Série 50 J, archives paroissiales, Archives départementales des Ardennes

Il n’est pas sur internet car il se situe dans les registres de catholicité de Charleville. On y voit que Nicolas Arthur Rimbaud a eu pour parrain et marraine des parents maternels.

Il a été baptisé un mois après sa naissance, ce qui constitue un délai non négligeable, mais pas inhabituel non plus pour cette époque. 

Voici l’acte de naissance, disponible sur internet sur le site des Archives départementales des Ardennes.

Acte de naissance d'Arthur Rimbaud, 20 octobre 1854, Série G, 5Mi 5R 28, Archives départementales des Ardennes

Acte de naissance d’Arthur Rimbaud, 20 octobre 1854, Série G, 5Mi 5R 28, Archives départementales des Ardennes

Et vous, quelles trouvailles avez-vous faites au cours de vos recherches ? 

H comme Homonymie : le parrain et son filleul

Aujourd’hui, dans le cadre du #ChallengeAZ j’ai choisi de parler de l’homonymie, en particulier celle entre un parrain ou une marraine et son/sa filleule. 

Si vous manipulez des actes de baptêmes, de l’époque moderne ou du XIXe siècle, vous remarquerez que l’enfant baptisé porte, la plupart du temps, le prénom ou les prénoms du parent spirituel de même sexe. 

Par exemple, dans ma généalogie, Florie Bernard reçoit à sa naissance le 2 février 1702 pour parrain Jean Gajet et pour marraine Florie Picard.

Acte de baptême de Florie Bernard, 2/02/1702, Archives départementales du Rhône

Acte de baptême de Florie Bernard, 2/02/1702, Archives départementales du Rhône

La plupart du temps, les parents spirituels sont un couple : un parrain et une marraine. Leur rôle qui leur incombe à l’époque moderne, lorsque les actes de baptêmes sont équivalents à l’acte de naissance contemporain, est de dire au prêtre, au moment du baptême, la prénomination choisie pour l’enfant. 

Le lien de parenté spirituelle est en quelque sorte signifié par cette transmission de la prénomination. 

Cette homonymie n’est cependant pas une règle fixe. Il existe des modulations, surtout à partir du dernier quart du XVIIIe siècle : choix des prénoms des deux parents spirituels, d’un prénom des parents biologiques, voire pas de transmission du tout… 

Avez-vous remarqué la même chose dans votre généalogie ? Dites-nous tout !! 

 

Pour aller plus loin, quelques lectures spécialisées (liste non exhaustive!) :

A. Fine, Parrains, Marraines : la parenté spirituelle en Europe, Paris, Fayard, 1994.

A. Fine, « Transmission des prénoms et et parenté en pays de Sault,1740-1790 », dans J. Dupâquier, A. Bideau, M.-E. Ducreux (dir.), Le Prénom : mode et histoire, EHESS, Paris, 1984.

C. Kaplisch-Zuber, « Le nom « refait ». La transmission des prénoms à Florence (XIV-XVIe) », L’Homme, 20, 4, 1980, p.77-104.

J.-C. Sangoi, « Transmission des prénoms et reproduction sociale en Bas-Quercy, XVIIe-XIXe siècles », Annales de démographie historique, 1987, p.271.

J.-P. Lethuillier, « Les prénoms masculins à Rennes pendant la révolution (1785-1805), Annales historiques de la Révolution française, 322, 2000, p.87-110 . (en ligne : http://ahrf.revues.org/32, dossier sur les prénoms révolutionnaires des Annales historiques de la Révolution française)