Une trouvaille aux Archives !

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous propose une petite trouvaille que j’ai croisée par hasard aux Archives départementales des Ardennes,  à Charleville-Mézières.

Voici… l’acte de baptême d’Arthur Rimbaud !

Acte de baptême de Jean Nicolas Arthur Rimbaud le 20 novembre 1854 à Charleville-Mézières

Acte de baptême de Jean Nicolas Arthur Rimbaud le 20 novembre 1854 à Charleville-Mézières, Série 50 J, archives paroissiales, Archives départementales des Ardennes

Il n’est pas sur internet car il se situe dans les registres de catholicité de Charleville. On y voit que Nicolas Arthur Rimbaud a eu pour parrain et marraine des parents maternels.

Il a été baptisé un mois après sa naissance, ce qui constitue un délai non négligeable, mais pas inhabituel non plus pour cette époque. 

Voici l’acte de naissance, disponible sur internet sur le site des Archives départementales des Ardennes.

Acte de naissance d'Arthur Rimbaud, 20 octobre 1854, Série G, 5Mi 5R 28, Archives départementales des Ardennes

Acte de naissance d’Arthur Rimbaud, 20 octobre 1854, Série G, 5Mi 5R 28, Archives départementales des Ardennes

Et vous, quelles trouvailles avez-vous faites au cours de vos recherches ? 

Des faits divers dans les registres paroissiaux

Bonjour à tous !

Pour commencer, je voudrais remercier tous les généablogueurs qui passeraient par ici et dont j’ai découvert les blogs cette année grâce au ChallengeAZ. Vos articles sont très instructifs et donnent beaucoup d’idées.

Pour cette fin d’année, j’ai choisi de parler d’une de mes trouvailles dans les registres paroissiaux de Charleville, dans les Ardennes : il s’agit de deux lettres du greffe du bailliage relatant une enquête après la découverte d’un cadavre sur les rives de la Meuse. Dans les pages de l’année 1790, on trouve ces lettres donnent les informations sur l’invention des corps, leur identification et la détermination des circonstances de la mort. 

Vue de Pont-d'Arche, faubourg de Charleville prise sur la petite place près le quartier, 1775, Gallica

Vue de Pont-d’Arche, faubourg de Charleville prise sur la petite place près le quartier, 1775, Gallica

Les morts trouvés sont des personnes qui se sont toutes noyées dans la Meuse. Nous avons l’exemple d’un armurier de 33 ans et d’un petit garçon de 6 ans. Ces lettres sont intéressantes à plusieurs niveaux : leur présence dans le registre paroissial ; la narration de l’enquête et de l’autopsie qui ont été menées ; le vocabulaire et les expressions employées pour parler du mort.

1) Des lettres de greffe du bailliage dans le registre paroissial

On peut se demander pourquoi ces lettres  sont insérées dans le registre paroissial. Elle apparaissent à la page où se trouve l’acte d’inhumation de la personne décédée. Il s’agit peut-être d’une façon de donner des précisions sur la mort, alors que l’acte dit seulement qu’elle est morte par noyade.

Je n’ai jamais vu de telle action pour une autre année que 1790. Je pense qu’il ne s’agit pas d’un hasard mais je ne connais aucune documentation sur le sujet.

Les acteurs de la lettre sont le greffier et son commis,  un avocat en parlement, un procureur du siège du bailliage, un chirurgien de l’Hôtel Dieu de Charleville et les témoins ou personnes interrogées.

2) Comment parler du mort ?

* la description minutieuse du cadavre

Suivant un souci de précision et un ordre établi, les corps sont décrits tels qu’ils ont été trouvés sur le bord de la Meuse :

– tout d’abord, la position des différents membres du corps :

pour Pierre Rousseaux :  » les pieds dans l’eau vers le midy la tête au nord, la face en terre », et pour Joseph : « les pieds dans l’eau vers le couchant, la tête et le corps hors de l’eau vers l’ouest, la face vers le ciel portant cheveux chatains »

– ensuite, sont décrits très précisément les vêtements :

Pierre Rousseaux portait « une chemise grise, et d’un pantalon de grosse toile grise » ; Joseph portait « un bonnet de toile sur la tête […] un jupon bleu rayé d’un côté et vert de l’autre et d’un corsage d’étoffe grise, [et avait] des bas aux jambes ».

– enfin, un âge est estimé, avec une précision remarquable : Pierre Rousseaux est âgé « d’environ trente trois ans » et Joseph « d’environ six ans ».

* un vocabulaire particulier 

En effet, on ne parle pas de cause de la mort, mais de « genre de la mort ». Mais c’est surtout la façon de parler du cadavre qui est remarquable :   » si elles ont connu l’homme que le cadavre représente », « si elles ont connu le dit enfant, que le cadavre représente », « les dits sieurs Husson et Hivert […] ont dit que ledit cadavre représentait la personne du nommé Pierre Rousseaux ». Que ce soit une question de vocabulaire ou de philosophie, le cadavre est en quelque sorte distingué de la personne : il ne fait que la représenter.

La découverte et la description font ensuite place à une enquête pour déterminer ce qu’il s’est passé.

3) Une enquête et une autopsie

L’enquête a d’abord pour but d’identifier les personnes. Dans les deux lettres, l’enquête commence par l’interrogation de ceux qui ont découvert le corps. Ce sont  les sieurs Jean François Husson, pêcheur de poisson, et Pierre Simon Hivert, journalier à Charleville, qui ont trouvé le corps de Pierre Rousseaux. Voici ce qu’ils répondirent une fois interrogés :

« lesdits sieurs Husson et Hivert nous […] ont dit que ledit cadavre représentait la personne du nommé Pierre Rousseaux armurier […] à Charleville, qui ne scavent autre chose de sa mort sinon qu’il n’est sorti de chez lui le vingt six de ce mois [mai] dans le Grand matin, sans que l’on ait son positionnement ou de l’endroit, que ce qui paraît probable est qu’il se rendait sans doute à Warcq où il a un oncle et une cousine germaine, et qu’il est de leur connaissance qu’il professait la religion apostolique et romaine ».

L’information de la religion est très importante : il faut savoir si le corps peut être inhumé dans la paroisse catholique de St-Rémy de Charleville.

Pour l’enfant de six ans, nommé Joseph, il a été trouvé par Joseph Meurant, teinturier à Charleville, « étant alors les cinq heures de aujourd’hui occupé à pêcher sur le bord de la rivière de Meuse » lorsqu’il trouva le corps de l’enfant. Ce sont les « personnes présentes » qui ont été interrogées. Et l’enquête mène à une histoire plus mystérieuse que celle de Pierre Rousseaux…

Sa mère, Thérèse Marquin, originaire de Marche-en-Famenne, est appelée « la grande Thérèse ». Elle logeait « dans la maison du sieur Talfon, tonnelier rue du moulin, chez Charlotte Royer », qui a donné la majeure partie des informations sur cette famille.  Et elle aussi a été jetée à la rivière puis repêchée vivante. Malheureusement la lettre ne dit pas quel était son métier et pourquoi elle avait été jetée dans la Meuse. La mort du petit garçon est assez mystérieuse. Thérèse était-elle encore en vie au moment où ils trouvent son enfant sur le bord de la Meuse ?  Sinon pourquoi ne serait-elle pas entendue ? Et surtout qui a tué cet enfant ?

Cela, on ne l’apprendra pas avec la lettre, par contre, elle donne des informations sur la mort, qui indiquent une origine criminelle. Voici le rapport du chirurgien :

« l’enfant avait été blessé mortiellement par différents coups d’un instrument contondant sur les parties antérieures de la tête et au col ».

Ceci amène à confirmer une piste criminelle ; malheureusement, je n’ai pas d’idée de source pour continuer l’enquête et savoir tout ce qui s’est passé. Avez-vous des conseils ou avez-vous vous-mêmes trouvés de telles lettres dans les registres paroissiaux ou dans d’autres recueils ?

J’ai trouvé encore une autre lettre pour l’année 1790 et il est possible qu’il y en ait entre d’autres ; je n’en ai sélectionné que deux pour ne pas surcharger l’article, mais souhaitez-vous que je les présente dans un autre article ? 

Pour aller voir la source : 

Le site des archives départementales des Ardennes : http://archives.cg08.fr/

Registre 5Mi 5R 13 ; actes d’inhumation sur 20 avril 1790 et du 29 mai 1790. 

Une montre au poignée de ce roi assyrien ?

En visitant le British Museum il y a quelques années, j’avais vu cette sculpture assez amusante : le roi assyrien, certainement Teglath-Phalasar III, semble vraiment porter une montre ; détail amusant quand on sait qu’il régna au VIIIe siècle avant J-C, entre 745 et 727.

Je n’ai aucune idée de ce que peut bien être ce bracelet ; le bâton qu’il tient semble aussi tout important. Si vous avez des idées d’interprétation, n’hésitez pas à les mettre en commentaire ! 🙂

 

 

Pour l’Histoire : l’Assyrie fut le centre de plusieurs empires successifs en Mésopotamie depuis le 2e millénaire jusqu’au VIIe siècle avant J.-C ; l’apogée de l’empire fut au VIII-VIIe siècle. Le roi Teglath-Phalasar III a effectué de nombreuses conquêtes d’expansion, notamment vers la Méditerranée. En 612, une coalition des Medes et des Babyloniens, peuples qui vivaient respectivement à l’Est et au Sud-Est de l’empire assyrien, provoque la chute de l’empire.

Carte des différentes phases d'expansion de l'empire néo-assyrien (934-612 av. J.-C.)

Carte des différentes phases d’expansion de l’empire néo-assyrien (934-612 av. J.-C.)

 

Bien que les Assyriens paraissent loin et mystérieux, on connaît un petit peu de leur culture, sans même le savoir !

Tout d’abord, leurs taureaux ailés à tête humaine, comme celui ci, sont assez célèbres. 

Taureau androcéphale ailé gardien du palais de Sargon II à Dur-Sharrukin, en Assyrie, musée du Louvre.

Taureau androcéphale ailé gardien du palais de Sargon II à Dur-Sharrukin, en Assyrie, musée du Louvre.

Ensuite, ils avaient l’écriture cunéiforme, apparue au début du IIe millénaire, qui est très complexe malgré une apparente simplicité (mélange de sons et de signes…). Ce sont les tablettes d’argile inscrites en cunéiforme qui constituent les sources les plus nombreuses sur la vie des Assyriens.

Inscription en cunéiforme sur pierre.

Inscription en cunéiforme sur pierre.

Enfin, si vous avez joué (il y a longtemps…) au jeu d’aventure Louvre sur PC, vous reconnaîtrez le démon Pazuzu, un des quatre objets à récupérer dans un voyage dans le temps. La statuette date du 1er millénaire. La religion assyrienne a un dieu principal, Assur, mais d’autres divinités existent aussi, ainsi que des démons. Le démon Pazuzu est associé aux vents maléfiques, mais il peut avoir aussi un rôle protecteur.

Statuette protectrice en bronze du démon Pazuzu, musée du Louvre. "Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits de l'air qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi !"

Statuette protectrice en bronze du démon Pazuzu, musée du Louvre. Au dos des ailes : « Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits de l’air qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c’est moi ! »

 

En livres, pour les enfants à partir de 9 ans,  l’encyclopédie Oh! l’Antiquité de Gallimard Jeunesse est vraiment très complète, très bien illustrée et très agréable à lire. On peut feuilleter le livre sur internet par ici !

 J. Fullman, B. Porlier, Oh! L'Antiquité, Gallimard jeunesse, 2012

J. Fullman, B. Porlier, Oh! L’Antiquité, Gallimard jeunesse, 2012

Pour les plus grands, j’aime bien le livre La Mésopotamie, dans la collection Guide des Arts, chez Hazan. C’est une collection qui est aussi très illustrée. Le livre est très bien organisé en chapitres qui abordent tous les aspects de l’histoire de la mésopotamie : des grands souverains jusqu’à la vie quotidienne, en passant par l’art et les plus grandes oeuvres connues aujourd’hui.

E. Ascalone, A. Guglielmetti, La Mésopotamie, Hazan, 2006

E. Ascalone, A. Guglielmetti, La Mésopotamie, Hazan, 2006