Z comme zoologie : les animaux domestiques de nos ancêtres

      Pour ce dernier jour du challengeAZ, j’aurais pu évoquer le prénom de Zélie, que j’ai rencontré de nombreuses fois dans la première moitié du XIXe siècle et qui m’a bien séduite, mais j’avais envie de quelque chose d’un peu plus ambitieux pour clôturer ces 26 jours de défi ! 

La plupart de nos ancêtres étaient des gens qui vivaient à la campagne, et même s’ils vivaient à la ville, ils vivaient forcément à côté d’animaux, voire avaient des animaux domestiques.  A la campagne, les travailleurs de la terre ont pu vivre à côté de vaches et de boeufs mais vu l’investissement qu’ils représentaient, il est plus probable que les animaux qui étaient les plus nombreux étaient les poules et les oies. Le cheval et l’âne, comme les boeufs, sont des forces pour labourer la terre et pour faire avancer des véhicules ; les chevaux sont indispensables à l’armée pour former la cavalerie ; à ce titre, ils sont aussi les meilleurs amis des hommes. 

Cuirassier napoléonien en 1809, Bellange (1800-1866)

Cuirassier napoléonien en 1809, Bellange (1800-1866)

Mais comment les voir dans les sources ? A partir des métiers, pour ce qui concerne les chevaux par exemple. Ce qui est dommage, c’est que les chiens ou les chats ne sont pas dans les inventaires après décès : les historiens se sont demandés si c’était le signe qu’ils ne pensaient pas à eux, ou si au contraire ils n’étaient pas considérés comme des biens, mais comme des membres de la famille (1).  

Un chien dans  un tableau de Vittore Carpaccio (début XVIe siècle)

Un chien dans un tableau de Vittore Carpaccio (début XVIe siècle)

Les sources qui peuvent vraiment donner des informations sur les animaux sont celles de l’archéologie. 

Les représentations, cependant, peuvent aussi donner une idée de l’attachement pour certains animaux : le chien, associé des chasses, protecteur des loups ;

Detail du Prince Imperial et son chien Nero de Jean-Baptiste Carpeaux 1865 Marble. Photographié au Musee d'Orsay by Mary Harrsch.

Détail du Prince Imperial et son chien Nero de Jean-Baptiste Carpeaux 1865 Marble. Photographié au Musee d’Orsay by Mary Harrsch.

le chat est plutôt représenté comme appartenant au monde de la sorcellerie. Cependant, on peut douter de cette représentation du chat : comme aujourd’hui, le chat est aussi le protecteur contre les rats et les souris et il apparait de plus en plus sympathique, en témoigne le succès du Chat botté de Charles Perrault. 

Le Maître chat ou le Chat botté Première version manuscrite et illustrée, 1695.

Le Maître chat ou le Chat botté
Première version manuscrite et illustrée, 1695.

Plus amusant : parfois, on peut voir des traces de pattes de chat sur les pages de registres paroissiaux ; signe que le prêtre avait peut-être un chat dans l’église ! Malheureusement, je n’ai pas fait de photo, mais si jamais vous en croisez, faîtes nous partager ! 

Merci à Sophie Boudarel pour cet exemple éloquent !!

Pour en savoir plus : 

R. Delort, Les animaux en Occident du Xe au XVIe siècle, Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public. 15e congrès, Toulouse, 1984. Le monde animal et ses représentations au moyen-âge (XIe – XVe siècles) pp. 11-45. url :/web/revues/home/prescript/article/shmes_1261-9078_1985_act_15_1_1435
F. Audoin-Rouzeau, Compter et mesurer les os animaux. Pour une histoire de l’élevage et de l’alimentation en Europe de l’Antiquité aux Temps Modernes, Histoire & Mesure, 1995 volume 10 – n°3-4. Consommation. pp. 277-312. url :/web/revues/home/prescript/article/hism_0982-1783_1995_num_10_3_1558
L. Bély, Dictionnaire de l’Ancien Régime, Paris, 2010 [1996]
 
(1) R. Durand (dir.), L’homme, l’animal domestique et l’environnement du Moyen Âge au XVIIIe siècle, Nantes, 1993
R. Delort, Les animaux ont une histoire, Paris, 1984
 

 

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4 réflexions sur “Z comme zoologie : les animaux domestiques de nos ancêtres

  1. Merci Cécile pour ce premier challenge très instructif avec des articles variés et fouillés. J’ai pris beaucoup de plaisir à vous lire.

    Pour l’anecdote, je viens te tweeter une photo d’une page du registre de Fleury-la-Vallée (Yonne) avec une empreinte facilement identifiable 😉

    • Merci, j’aime beaucoup ! je vais l’ajouter à l’article comme illustration 🙂

      Merci pour ce challenge, qui m’a permis de découvrir pleins de généablogueurs et beaucoup de choses à apprendre en généalogie ! 🙂

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