Y comme Yvelines : les ressources en ligne exceptionnelles des archives !

    J’ai découvert depuis peu le site des archives départementales des Yvelines  ; à vrai dire, j’ai été conquise et je regrette de ne pas avoir des ancêtres qui ont vécu dans ce département. 

En effet, les ressources en ligne sont exceptionnelles et nombreuses. Voici un top 5 de mes préférées (par ordre croissant) : 

5. Les registres paroissiaux et l’état civil, les registres paroissiaux commençant en 1533 pour les plus anciens. Quelques communes de Seine-et-Oise sont aussi présentes car c’était ce département qui existait depuis la création des départements en 1790 jusqu’à sa suppression en 1968 (loi de 1964). Il existe également des tables d’arrondissement pour Versailles et une centaine de communes limitrophes. 

La France en départements en 1801

La France en départements en 1801

4. Les recensements de la population des Yvelines, depuis 1792 jusqu’à 1911 en ligne, c’est-à-dire plus de 250 000 pages ! Je rêve de travailler sur cette source. 

3. La presse locale ancienne des Yvelines et de Seine-et-Oise, de 1848 à 1941. Résultat d’un partenariat entre les A.D, la bibliothèque municipale de Versalles, Archives communale de Versailles et Mantes-la-Jolie et la médiathèque Florian de Rambouillet, on se doute du grand nombre de journaux disponibles (une vingtaine de titres) et de la richesse de la source. 

2. Les demoiselles de Saint-Cyr : la conservation de la totalité des archives dans la série D. 

Demoiselles de Saint-Cyr, gravure de Nicolas Bonnard entre 1680 et 1715.

Demoiselles de Saint-Cyr, gravure de Nicolas Bonnard entre 1680 et 1715.

La Maison royale Saint-Louis à Saint-Cyr est une fondation royale, une institution de charité, de moralité et d’enseignement sous la direction d’une communauté de religieuses. A l’origine de cette fondation, Mme de Maintenon, épouse de Louis XIV depuis 1683. L’école est destinée aux jeunes filles nobles mais pauvres de province (il fallait montrer lettres de noblesse et un certificat de pauvreté). Elles portent un habit particulier : gants, collerette, machette et manteau d’église d’étamine noire à queue traînante. 

En 1692, la communauté passe sous la règle de Saint-Augustin : il y a alors des voeux solennels et le port d’un habit monastique (dont le bandeau monastique). 

La Maison est étroitement liée à la Couronne et se place sous la protection de Saint Louis. Elle se situe à l’extrémité du parc de Versailles et elle a été dessinée par Mansart.

En 1790, l’ordonnance royale du 26 mars 1790 ouvre cette école à tous les enfants des officiers de terre et de mer. 

Ce qui est exceptionnel est la numérisation de ces archives et la possibilité de recherche par le patronyme des pensionnaires et par département. 

Les demoiselles de Saint-Cyr : lot d'estampes, costume de théâtre, 1843, Bibliothèque nationale de France, Gallica

Les demoiselles de Saint-Cyr : lot d’estampes, costume de théâtre, 1843, Bibliothèque nationale de France, Gallica

1. Les cahiers de doléances de 1789 ! 

Les cahiers de doléances sont une source qui fait parler des « humbles », le peuple qui d’habitude n’a pas de lieu pour s’exprimer par écrit. C’est peut-être la seule source pour connaitre que ce que les analphabètes pensaient et voulaient exprimer. 

Le régiment du 24 janvier 1789 en vue de la tenue des Etats Généraux donne les conditions de tenue des assemblées provinciales : les députés élus ont pour tâche de conseiller le roi et lui faire connaître les « souhaits et doléances » pour « qu’il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l’Etat et que les abus en tout genre soient réformés et prévenus ». C’est dans ce cadre que sont rédigés les cahiers de doléances, constitués généralement d’une série de vœux dont on attend la réalisation par le souverain. Ils sont préparés d’abord par les ordres de chaque baillage, puis réunis aux chefs-lieux pour former un seul cahier général ; ce dernier est approuvé par l’assemblée (réunie aussi par ordre) qui doit élire un député. Les cahiers de doléances apparaissent donc comme des sources incontournables de l’histoire politique de la Révolution.

On a pensé que les idées inspirées des Lumières présentes dans les revendications ont été de même les preuves d’un bouleversement de la société et l’origine de la fin de l’Ancien Régime. De façon plus modeste les historiens ont analysé les discours, les mots employés et les représentations. Ils ont démontré la diffusion de certaines idées des Lumières, mais aussi les cadres d’exercice des pratiques politiques : du débat jusqu’à la rédaction des cahiers, qui a été partout inspirée par des modèles qui se sont diffusés dans la France entière.

Cahier de doléances de Versailles, 1789, A.D. des Yvelines

Cahier de doléances de Versailles, 1789, A.D. des Yvelines

 

Au final, les A.D des Yvelines proposent donc de très très nombreuses ressources ; n’hésitez pas à aller les feuilleter, même si vous n’avez pas d’ancêtres dans ce département.

Avez-vous vous-mêmes été amené à consulter ces archives ? Qu’en avez-vous pensé? 

 

Quelques lectures pour en savoir plus : 

D. Picco, « Des Méridionales à la Cour : l’exemple des demoiselles de Saint‑Cyr (1686‑1793) », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne],  2008, mis en ligne le 09 juin 2008 URL : http://crcv.revues.org/2743.

B. Neveu, Du culte de Saint Louis à la glorification de Louis XIV : la maison royale de Saint-Cyr. Journal des savants. 1988, N°3-4. pp. 277-290. url :/web/revues/home/prescript/article/jds_0021-8103_1988_num_3_1_1519
L. Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, PUF, Paris, 1996 [réed. « Quadrige » 2003]

P. Goubert, M. Denis, 1789. Les Français ont la parole : cahiers de doléances des Etats généraux, Gallimard, Paris, 1989

P. Grateau, Les cahiers de doléances : une relecture culturelle, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2001

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Une réflexion sur “Y comme Yvelines : les ressources en ligne exceptionnelles des archives !

  1. Bonjour mme. Je m appelle valerie lambert j essaye de faire mon arbre. Et je suis interressee par des conseils ou meme des trouvailles de votre part. Je recherche les traces de mon arriere grand mere marie charbonnier nee le 19 07 1894 qui vivait a versailles 1 rue saint simon en 1915 et qui a abandonne mon grand pere andre jerome charbonnier ne le 21 11 1915 a versailles. Elle etait journaliere. Voila….je vous souhaite une bonne journee. Genealogiquement votre valerie

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