W comme woiturier : zoom un ancien métier

   La première fois que j’ai vu dans les registres paroissiaux le métier de « woiturier », j’ai été assez perplexe car je ne connaissais que peu d’anciens métiers. Comme la lettre du challengeAZ est W, un petit tour par l’orthographe du XVIIIe permet d’aborder la question de ce métier.

Gustave III, opéra d'Auber et Scribe : costume d'un roulier, Louis Maleuvre, 1834, Bibliothèque nationale de France, département Bibliothèque-musée de l'opéra, BMO C-261 (10-926), Gallica

Gustave III, opéra d’Auber et Scribe : costume d’un roulier, Louis Maleuvre, 1834, Bibliothèque nationale de France, département Bibliothèque-musée de l’opéra, BMO C-261 (10-926), Gallica

On pense au début que le voiturier est celui qui conduit une voiture, une calèche peut-être (en tout cas dans mon imagination, c’est ce que je voyais). En fait, ce n’est pas tout à fait exact. 

Le voiturier est durant l’Ancien Régime et le XIXe siècle une personne appartenant ou non à une corporation qui transportait voyageurs et marchandises par voiture attelée ou coche d’eau (définition du Trésor de la Langue Française). C’est pourquoi on voit aussi des « voituriers par eau ». Il n’appartient pas toujours à une corporation car on constate dans les rôles de tailles qu’ils peuvent aussi apparaître comme un travailleur de la terre ou comme un commerçant. Cela peut donc être un métier temporaire comme un vraie corporation. Une corporation à  Neuvy-sur-Loire avait réussi à monopoliser le marché de la poterie et était devenue ainsi très riche (2).  

Le voiturier est presque synonyme de roulier, que l’on retrouve aussi assez fréquemment, et qui désigne un voiturier qui fait le transport public de marchandises. 

Le voiturier pouvait donc transporter aussi des personnes, des lettres et même parfois des enfants abandonnés vers la ville (qui a un hôtel-dieu pour les accueillir). C’était un des métiers qui étaient véritablement à la charnière de la campagne et de la ville (1). 

Costumes des habitants du Roussillon : [dessin], Jean Beugnet, XIXe siècle, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST RESERVE VE-26 (N), Gallica

Costumes des habitants du Roussillon : le troisième personnage du rang inférieur est un roulier, Jean Beugnet, XIXe siècle, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST RESERVE VE-26 (N), Gallica

J’espère que cet article aura permis de mieux saisir ce qu’était ce métier. Y a-t-il d’autres métiers qui ont suscité votre curiosité ?

Pour en savoir plus :   

(1) A. Guini-Skliar , « Les carrières parisiennes aux frontières de la ville et de la campagne », Histoire urbaine 2/ 2003 (n° 8), p. 41-56
URLwww.cairn.info/revue-histoire-urbaine-2003-2-page-41.htm.

(2) B. Dufaÿ, M. Poulet, « Une datation absolue pour un saloir du XVIIIe s. en grès de la Puisaye », Revue archéologique du Centre de la France, Tome 43, 2004, mis en ligne le 01 mai 2006 URL : http://racf.revues.org/265

J.-M. Yante, « Entrepreneur et transport terrestre. A propos des rouliers lorrains et luxembourgeois (XVe-XVIe siècles) », Revue belge de philologie et d’histoire, 1998, Vol.  76, N°  76-2 , p. 373-401. En ligne sur persée.

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4 réflexions sur “W comme woiturier : zoom un ancien métier

  1. J’ai quelques voituriers parmi mes ancêtres et moi aussi je les imaginais tout d’abord en « voiture » ! Merci pour cet éclairage sur ce vieux métier.

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